de la douceur du temps qui passe ...

Publié le par IsabelleS

Rien de spécial à dire, mais simplement une envie d'écrire, de poser des mots, d'avoir quelque inspiration au dessus du quotidien et de mes sacs poubelle !!! quoique j'ai encore bien avancé aujourd'hui. Ma balade bloguesque de ce soir m'inspire un peu; je me promène entre quelques jolis intérieurs ici ou , je me régale des articles enflammés de ma voisine, je commente par-ci par-là ce qui m'inspire, mais je me rends compte que je n'aborde pas souvent de sujet un peu plus profond. Il y a 10 ans à cette même période, j'étais hospitalisée et même clouée dans mon lit à deux sondes vaginales qui me reliaient à une machine sensée me guérir . Petit rappel de l'histoire, dons il y a dix ans, en rentrant de vacances, visite habituelle chez le médecin, examen annuel programmé. Cependant au retour des résultats dudit examen, inquiétude téléphonique de mon médecin : peut-être serait-il souhaitable de consulter un confrère spécialiste en gynécologie. Rendez-vous pris, échange bref mais très sympathique, deuxième rendez-vous pour intervention légère au niveau du col de l'utérus  : conisation. Bon pas de problème, j'y vais la bouche en coeur, arrivée le matin et retour à la maison le soir ; sauf que au réveil le doc me dit qu'il préférait me garder car il avait du enlever plus que prévu et qu'il y avait un risque d'hémorragie. Pas de problème, je suis conciliante. Sauf que dix jour après à réception des résultats du prélèvement, le doc voulait me voir de toute urgence et ne voulait pas m'expliquer ça au téléphone; mais moi je ne pouvais pas aller le voir ce jour là donc début d'explication au téléphone et là, il a posé des mots en fait un mot : cancer du col de l'utérus. En deux secondes j'ai vu ma vie finie, un rideau se tirait devant mes yeux sans que je ne puisse rien y faire. Mon chéri et moi avons pleuré pendant deux jours et puis nous nous sommes dit que nous allions nous battre, pour nous, pour les enfants. Et il y a eu ces dix jours allongée dans une chambre sans visite avec une programmation de 139 heures d'irradiation. Il était important de ne pas arrêter la machine ou de l'arrêter le moins longtemps possible afin de rester le moins de jours et de libérer la machine pour une autre personne. Mais ça veut aussi dire très peu d'allées et venues dans la chambre et pas de visite ou réduites à leur plus simple expression : mon chéri faisait deux heures de route pour me voir une demie heure. Mais bon ces dix jours se sont passés sans trop de problème. Je suis rentrée à la maison et j'ai du attendre quatre semaine pour subir une nouvelle intervention pour l'ablation utérine. Mon doc gynéco est quelqu'un de génial, il m'a opérée sans problème. Le jour de réception des derniers résultats il était tellement heureux de me dire qu'il n'y avait plus rien dans les prélèvements ganglionnaires, ça signifiait aussi qu'il n'y aurait pas de traitement de chimio ou de rayons. Nous étions fin 1999, j'avais quarante ans et j'attendais le siècle nouveau avec grande impatience. Depuis cette année là, il y a eu l'avant et l'après. J'ai mis du temps à me remettre physiquement et moralement de cette épreuve car les médecins homme ne comprenaient pas que pour moi ma féminité était atteinte et que même si je ne "voulais" plus d'enfant, je ne "pouvais" plus en avoir. J'ai mis du temps à reconstruire cette partie atteinte de mon identité et même encore aujourd'hui j'y repense souvent. Cet après est aussi synonyme pour moi de dérèglement hormonal, hormones thyroïdiennes et féminines. Ce qui m'a apporté tellement de désagréments. un seul me hante et me poursuit au quotidien, c'est difficile de poser des mots sur des sentiments de culpabilité, de douleur et de honte de soi mais aussi de se dire que tout n'est pas de ma faute ... sentir quelquefois le regard des autres mais aussi le mien au travers d'un miroir, une vision fugace et souvent involontaire. Je ne me regarde pas car je ne peux pas me voir. En commençant ce billet, tout à l'heure, le titre présageait de quelque chose de plus léger mais bon le fil est venu et je n'avais pas envie de le couper ....
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ciboulette100 10/10/2009 00:01


faut pas te décourager ma copine, faut pas, tu vas voir, tout doucement, les choses vont rentrer dans l'ordre.


ovar 08/10/2009 11:30


tu as bien fait de laisser ainsi couler les mots,c'est que c'était nécessaire.
mais de quoi bon sang peux tu avoir honte?!
biz